Nature en Ville
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Refléxion
La Nature en ville, un besoin pour les habitants et l’espace urbain
le 29 octobre 2012
Yohan Gaillard
Co-fondateur de Faire Territoire - Prospective - Aménagement durable
Objet à dominante minérale, la ville est souvent caractérisée en opposition aux espaces agricoles et naturels qui l’entourent. Le végétal serait alors l’une des composantes qui différencierait ville et campagne. Pourtant et quelque soit la ville, le végétal est présent à divers degrés au travers des espaces verts, des alignements d’arbres, des espaces fleuris ou plus simplement des  herbes qui poussent sur les trottoirs et des fleurs qui ornent nos jardins.  On parle alors de Nature en ville. Dans quelle mesure les habitants ont besoin de Nature et quel est son rôle ?

La Nature en ville, un besoin pour améliorer la qualité de vie

Pouvoir disposer de lieux de contact avec la nature en nombre suffisant est devenu un besoin croissant pour les populations et notamment les citadins. Pour preuve, la part du revenu et de temps consacrés aux loisirs ne cesse d’augmenter, devenant un véritable phénomène de société (végétalisation des balcons, sport en plein air,…).

L’enquête d’opinion réalisée par l’institut de sondage Ipsos pour le compte de l’Union nationale des entrepreneurs du paysage [Ipsos-Unep 2008] confirme l’importance de cette demande de Nature. Ainsi, trois personnes interrogées sur quatre disent fréquenter régulièrement les espaces verts de leur commune. Par ailleurs, les espaces verts privatifs ou collectifs constituent l’un des premiers équipements spontanément cités par les personnes interrogées pour améliorer la qualité de vie. Enfin, 70% des personnes interrogées disent avoir tenu compte de la proximité avec des espaces verts dans le choix de la localisation de leur logement mettant en avant le besoin des français d’échapper à la « ville minérale ».

Un besoin favorisant l’étalement urbain

La demande et le besoin des français à se rapprocher de la Nature en choisissant un logement à l’extérieur des villes est responsable pour partie du phénomène d’’étalement urbain qui a conduit à l’artificialisation de 800 000 hectares d’espaces naturels et agricoles entre 1992 et 2004. Ce phénomène est nommé « rurbanisation », c'est-à-dire le retour des citadins dans les espaces anciennement ruraux, qui deviennent alors eux-mêmes des espaces dits semi-urbains ou rurbains.

Ce phénomène est d’autant plus marquant que, selon les différentes enquêtes d’opinion, les français semblent avoir un besoin insatiable de Nature quel que soit le taux d’espaces verts à proximité et quel que soit leurs caractéristiques : zones naturelles, pelouses, alignements d’arbres, parcs, jardins partagés, sites paysagers, …

Ainsi, la nécessité de densifier les villes est-il incompatible avec le besoin des français de « se mettre au vert » ? En effet, il apparait que pour maintenir les habitants en ville, il est nécessaire de favoriser la Nature en Ville, mais de quelle manière ?

Quelle Nature en ville  ?

La Nature en ville se présente sous plusieurs formes : de l’espace fleuri de quelques mètres carrés au vaste parc urbain. Selon les études et enquêtes menées auprès des français, ce sont les ménages vivant en immeuble collectif qui ressentent le plus l’absence de verdure. En échos à ce besoin exprimé par les français, une circulaire interministérielle datée du 8 février 1973 sur l’aménagement du territoire et l’urbanisme fixe un objectif de 10 m² d’espaces verts au minimum par habitant en centre-ville mais peu de villes ont aujourd’hui atteint cet objectif.

Pour les français, se rendre dans un espace vert, que ce soit un square ou un parc, répond à deux objectifs principaux : se détendre et se promener. Il peut également devenir selon sa superficie un terrain de jeux, une aire de pique-nique, un lieu de lecture et également un lieu de rencontre et de discussion. Finalement, l’espace vert favorise les liens sociaux et permet de rompre l’isolement. Les habitants vivant à proximité des espaces verts les considèrent également parfois comme une extension de leur logement où ils invitent amis et famille.

Les espaces naturels extérieurs à la ville (espaces ruraux, forêts,…) complètent les équipements verts de la ville. Il s’agit de lieux de ressourcement où la recherche de calme par les urbains est prédominante Il s’agit ici de rompre avec les nuisances et les pollutions urbaines le temps d’une demi-journée ou de quelques jours

La Nature en ville, une réponse à de nombreux enjeux.

En plus d’améliorer la qualité de vie des habitants et de favoriser la biodiversité en milieu urbain, la Nature en ville apporte de nombreux aspects utiles au développement urbain de la ville qui ne limite pas le végétal à son seul aspect esthétique. La ville de par sa structure est soumise à de nombreux enjeux environnementaux : pollution de l’air, réchauffement climatique, consommation importante d’énergie, qualité de l’eau,… et le végétal peut être un outil pour répondre à ces enjeux.

Face au manque de connaissance précise et de données chiffrées sur l’impact du végétal sur les enjeux environnementaux de la ville, de nombreuses sujets de recherche ont été engagés sur ce sujet afin d’identifier le rôle de la végétation dans la fabrication d’une ville sobre et respectueuse de l’environnement

Cependant, les premiers résultats sont intéressants. Ils  montrent l’intérêt de la végétalisation des villes dans un objectif de limitation des effets du réchauffement climatique grâce notamment aux phénomènes d’ombrage et d’évapotranspiration [Akbari, 2002 ; Akbari et al. 2005]. L’association des deux phénomènes pourrait baisser de 1 à 5 °C la température ambiante en permettant de limiter le stockage de chaleur par les matériaux inertes responsables des îlots de chaleur [Santamouris, 2007]. Les toitures et les murs végétalisés peuvent également rafraichir les températures locales de l’ordre de 2 à 3 °c [Alexandri et Jones, 2007, 2008].

Concernant l’intérêt de la végétalisation pour limiter les consommations énergétiques, il semblerait que les effets soient moins probants. La plantation de feuillus le long des façades permet de limiter jusqu’à 50 % la climatisation [Akbari et Al, 1992 ; Alkari, 2002] mais des gains sont plus faibles pour le chauffage [McPherson, 2007].

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mis à jour en juillet 2014